« Retours difficiles | Page d'accueil | Ré-Impression ! »

28.08.2007

Voir Venise et... y revenir !

Loin de moi l'idée de verser dans les souvenirs de vacances et les clichés "autoexhibigraphiques" que l'on trouve habituellement au détour des blogs... mais je ne résiste pas à vous faire part de mes quelques découvertes glanées au hasard de mes périgrinations récentes au fil des canaux vénitiens.
Je ne vais donc pas vous asséner la liste exhaustive des églises de la célèbrissime Cité des Doges, ni vous faire les louanges du Pont des Soupirs mais je vais plutôt tenter de vous donner envie de laisser Venise vous pénétrer peu à peu, vous ennivrer...
Car Venise ne ressemble que de trés loin aux cartes postales vantées par les marchands de Saint Valentin et autres mièvreries pseudo-romantiques : certes on y trouve de longs cortèges de gondoles, chargées à ras bord de japonais frémissants qui encombrent les canaux principaux de leurs déclics photographiques au rythme chaloupé d'un chanteur d'opérette payé au kilomètre; certes on y trouve la place Saint-Marc noyée sous un flot de touristes nourrissant à prix d'or des myriades de pigeons grassouillets...
Mais c'est dans ses recoins, ses venelles à l'écart des grands axes migratoires et commerciaux que se niche l'âme véritable de Venise: un gigantesque labyrinthe de placettes silencieuses, de ruelles borgnes, de canaux minuscules où l'existence s'écoule au fil de l'eau sous le regard voilés de membres de sociétés secrètes et d'intrigantes assassines...
Car pour découvrir Venise, il ne faut pas visiter, il faut se perdre, se fondre, accepter de se laisser mener par le bout de son nez (Ah! Les somptueuses saveurs d'une arrière cuisine...) ou de ses émotions (l'ombre décrépite d'un palais abandonné, le mystère d'une cour aux centaines d'alcôves...) !
C'est ainsi que, conduits par les muses du destin, nous avons découvert, je cite : "La meilleure librairie du monde", l'Aqua Alta (ou Hautes-Eaux, terme qui désignent les périodes où la mer tente de reprendre le territoire que lui a volé a ville) : une incroyable grotte étayée par des milliers d'ouvrages ou toutes langues, de vieux comics défraîchies à de somptueux grimoires érotiques en passant par les immanquables BD d'Hugo Pratt ou les guides touristiques à la traduction approximative.
Un lieu haut en couleur, tenue par un colosse rubicond prêt à dégainer une citation de Shakespeare ou de Molière à la moindre occasion...
C'est ainsi que de mes valises vénitiennes, je vous ai ramené, à vous amateurs de polars, deux auteurs et quelques perles : La Cour des Mystères d'Hugo Pratt (car ce monsieur a aussi commis des romans) et surtout les nombreux opus criminels de Donna Leon (Mortes-eaux, Péchés mortels,...) qui se déroulent au sein de la cité lacustre...
Voili, voilou et bonne lecture
Chris²