10.09.2007

Changements éditoriaux

Cela faisait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé des petits secrets qui entourent la publication d'un roman en général et du "Boucher" en particulier...
Et bien, je reprends la plume aujourd'hui pour vous révéler que ni le premier chapitre actuel, ni le dernier ne sont les chapitres prévus à l'origine.
En effet, j'avais initiallement prévu de débuter le roman par une brève incursion au présent (alors que le reste de l'histoire est écrit au passé) qui répondait au chapitre de fin, lui aussi au présent: ces deux chapitres se faisaient ainsi écho d'un bout à l'autre du roman en se focalisant sur "le coupable" et surtout son devenir...
Je ne peux pas en dire beaucoup plus sans révéler l'histoire à ceux qui ne l'ont pas lu mais je vais mettre en ligne dans une section spéciale ces deux chapitres pour les autres...
Sachez seulement que le "Boucher" s'appelait à l'origine, "Le cri de la Salamandre" en référence à tous les symboles portés par ce charmant animal...
A tout bientôt
Chris²

07.11.2006

Le professeur "Lagavulin"

La première chose que l'on m'a demandé au boulot lorsque le livre est sorti c'est : mais enfin de quel professeur t'es-tu inspiré ?
Il faut vous préciser que je suis médecin à l'hôpital et qu'effectivement les sources d'inspirations ne manquent pas...
J'avoue que ce petit jeu de devinette qui semble s'être instauré autour de mes personnages m'amuse beaucoup.
D'où vient Vanacleef ?
Comme pratiquement tous les autres personnages, le professeur est une sorte de patchwork entre différentes personnalités croisées au cours de mon cursus et certaines idées fantasmatiques que l'on peut se faire d'un professeur...
Ce qui est étrange, c'est le rôle qu'a pris Vanacleef au fur et à mesure de l'écriture: de simple "tortionnaire" pour Ange, il est peu à peu devenu une figure paternelle beaucoup plus complexe que prévu initialement...
En revanche Vanacleef est bien l'un des rares personnages dont j'avais écrit le passé avant de l'utiliser: la scène de Londres était inscrite dans son "background" dés le début.
Mais ce qui intrigue souvent les lecteurs c'est son surnom : Lagavulin...
Pour les amateurs de whisky, cela ne pose pas de problème : ils savent déjà qu'il s'agit du nom d'un fameux "Islay" au goût inimitable fortement chargé en tourbe... Mais ce qu'ils ignorent c'est que j'ai découvert cet excellent whisky grâce à un autre livre, un polar plus exactement de Jean Claude Izzo...
Si vous ne connaissez pas, ruez vous dessus (autant sur le whisky que sur les bouquins d'izzo)!
Suivez le lien...
A tout bientôt
Chris²

18.10.2006

"P'tit Pierre" et le Réseau Divin

Voilà encore un personnage qui n'était pas prémédité...
"P'tit Pierre" n'était en effet, au départ, qu'un nom de plus dans la bande hétéroclite d'Ambre...
Et puis, la magie de l'écriture faisant, j'ai eu envie de lui consacrer une scène toute entière.
Pour ceux qui ont lu le roman (j'espère que vous êtes des millions à cet instant), il s'agit du long chapitre consacré à son activité "parallèle".
L'idée de départ a été la scène dans la boîte échangiste, une scène sans doute soufflée par mon inconscient et peut-être de certains entretiens avec les patients... Elle contient une description trés fantasmatique de ce milieu qui, j'espère, n'est pas trop éloignée de la réalité.
Mais le plus amusant a été la suite du chapitre : en effet, une fois cette scène posée, "P'tit Pierre" avait encore envie de s'exprimer: je lui ai donc laissé carte blanche pour nous expliquer sa passion de l'écriture et son engagement dans l'organisation de gigolos de luxe qu'est le Réseau Divin.
Encore une scène non préméditée fortement marquée par des projections fantasmatiques... Car j'ignore tout à fait si de telles organisations existe.
Pourquoi le Réseau Divin ? C'est un nom qui s'est imposé de lui-même et qui est en fait un clin d'oeil à l'un des scenarii de jeux de rôle que nous avons écrit avec mon complice de toujours, Patrick Bousquet... même si ce scenario n'a rien à voir avec ce type de milieu ou d'intrigue.
J'ai trouvé que la référence s'imposait d'elle-même...

10.09.2006

La mort en face...

Lorsque l'on se lance dans un roman comme le Boucher, il devient rapidement indispensable de se documenter: ici, j'ai eu besoin de me lancer dans la lecture de quelques ouvrages sur la taxidermie afin que les discours de Monsignore Casanova sonnent juste; de même pour ficeler l'histoire (mais là je ne peux rien vous en dire pour ne pas la déflorer), j'ai dû me plonger dans quelques ouvrages historiques et même lire quelques extraits du Livre des Poisons !
Mais la source principale de mon inspiration était tapie au creux de ma cervelle : c'est en effet dans mes souvenirs que j'ai trouvés la plupart des sensations dont j'ai eu besoin pour écrire...
Ainsi, comme me le rappelle mon complice Pat dans un de ses commentaires, il est parfaitement clair que les scènes dans l'Institut de Médecine Légale sont inspirées de mes premières dissections.
En effet, en seconde année de médecine, tout étudiant se doit de participer aux cours d'anatomie et à l'étude in vivo (si j'ose ce mauvais jeu de mot) des cadavres...
Je me souviens ainsi cette première confrontation avec la mort : durant les quelques heures qui ont précédé notre entrée dans la salle de dissection, nous étions excités par la perspective d'enfin "faire un vrai truc de docteur". Nous avions tous 18 ou 19 ans et pour la plupart nous avions eu une jeunesse dorée ou au moins préservée...
Nous étions dans le couloir, rue des Saint-Pères au quatrième ou sixième étage, à plaisanter, à comparer nos matériels (une trousse à dissection toute neuve!), à anticiper sur les réactions de tel ou tel camarade (et tu crois qu'elle va tomber dans les pommes, celle-là?) lorsque le prof ouvrit en grand les portes battantes et nous fit entrer...
Une pièce gigantesque, haute de plafond. Et ce silence soudain. Plus personne qui n'ose parler. Tout d'abord, je ne vois rien... Et puis je découvre ces formes allongées sous les draps. Une dizaine, probablement mais moi, j'en vois des centaines et le vertige me guette. Et puis il y a cette odeur. Un mélange de flagrances chimiques et de parfums corporels intimes. Autour de moi, la plupart de mes camarades restent bouches bées, livides. Certains pleurent. Mais personne n'a plus envie de plaisanter.
Nous nous dirigeons, par petits groupes vers "notre" cadavre, celui qui accompagnera toute notre année. Puis nous ôtons le drap. Et là, pour la première fois de ma vie, j'ai contemplé la mort en face...

31.08.2006

Naissance d'une intrigue

La sortie imminente de ce fameux premier roman que je porte depuis quelques années en moi suscite d'étranges sentiments : joie et fierté, bien évidemment mais aussi soulagement et nostalgie...
Sans vraiment le vouloir, je suis envahi par des tonnes de souvenirs d'écriture...
Ce sont ces moments que j'aimerais vous faire partager afin de découvrir, ensemble, le long cheminement de l'idée à la publication...

Pour le Boucher du Vieux-Lille (initialement le Cri de la Salamandre), tout est parti d'une rencontre professionnelle. En effet, un beau jour de mai, mon chef de service m'invite à boire un apéritif chez lui. Nous avions eu une grosse journée et l'envie de partager un cours moment de détente s'était imposée d'elle-même.
C'est ainsi que je pénétrais au coeur de son extraordinaire bibliothèque et que je découvrais un étrange ouvrage écrit par un psychiatre du début du 20ième sur la Sorcellerie dans les Flandres...

Une fois rentré chez moi (enfin plus exactement à l'internat), je me plongeais dans cet ouvrage... J'avais mis, sans le savoir encore, le doigt dans un engrenage qui me conduirait quelques mois plus tard vers l'écriture...